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Pente de toiture : degrés, pourcentages et minimums

Lire une pente de toit en pourcentage et en degrés, la mesurer depuis les combles, comprendre la pente minimale d'une tuile et la surface à couvrir.

Maison au toit de tuiles brunes à deux pans, avec une lucarne et deux souches de cheminée.
Maison au toit de tuiles brunes à deux pans, avec une lucarne et deux souches de cheminée. Photo libre de droits, voir les crédits.

60 %, 31°, 60 cm par mètre : trois façons d’écrire la même pente. Les fabricants de tuiles parlent en pourcentage, les charpentiers souvent en degrés, les plans parfois en hauteur de faîtage. Tant qu’on ne sait pas passer de l’un à l’autre, on compare des choux et des liteaux.

Pourcentage et degrés

Le pourcentage, c’est la montée pour 100 de distance horizontale. Une pente de 60 % monte de 60 cm quand on avance d’un mètre à l’horizontale. Le degré mesure l’angle entre le versant et l’horizontale.

Le passage de l’un à l’autre se fait par la tangente : angle = arctangente(pourcentage ÷ 100). Deux repères à retenir : 100 % correspond à 45°, pas à 90° ; et la relation n’est pas proportionnelle. Doubler le pourcentage ne double pas l’angle.

Pente en % Angle Surface du toit pour 1 m² au sol
10 % 5,7° 1,005 m²
30 % 16,7° 1,044 m²
50 % 26,6° 1,118 m²
60 % 31,0° 1,166 m²
80 % 38,7° 1,281 m²
100 % 45,0° 1,414 m²
150 % 56,3° 1,803 m²

La troisième colonne est celle qui compte pour le budget. Un toit à 100 % a 41 % de surface de plus que son emprise au sol. Un devis se chiffre au mètre carré de rampant, pas au sol.

Mesurer la pente de son toit

Trois méthodes, de la plus simple à la plus fiable.

Dans les combles. Posez un niveau à bulle de 1 m contre le dessous d’un chevron, bulle calée à l’horizontale, une extrémité touchant le bois. Mesurez au mètre ruban l’écart vertical entre l’autre extrémité du niveau et le chevron. 45 cm d’écart, c’est 45 %.

Depuis le pignon. Sur un toit à deux pans symétriques, la pente vaut la hauteur du faîtage au-dessus du haut des murs divisée par la demi-largeur de la maison. 2,4 m de hauteur pour 8 m de large donnent 2,4 ÷ 4 = 60 %. La hauteur se lit sur les plans du permis ou se mesure dans les combles, du plancher au faîtage.

Sur les plans. Les plans de coupe du permis de construire indiquent souvent la pente ou permettent de la mesurer au rapporteur.

Une application de niveau sur téléphone, posée sur un chevron, donne un ordre de grandeur. Elle ne remplace pas la mesure au niveau, surtout sur un chevron tordu.

La pente minimale n’est pas un chiffre unique

Chaque matériau a une pente en dessous de laquelle l’eau poussée par le vent remonte sous les éléments. Ce minimum est fixé par le DTU du matériau (40.21 pour les tuiles de terre cuite à emboîtement, 40.23 pour les tuiles plates, 40.11 pour l’ardoise, 40.35 pour les bacs acier) et par l’avis technique du modèle.

Il dépend de quatre choses :

  1. la zone climatique du lieu (trois zones en France métropolitaine) ;
  2. la situation du bâtiment : protégée (au fond d’une cuvette), normale ou exposée (en crête, en bord de mer) ;
  3. la longueur du rampant : plus il est long, plus l’eau s’y accumule ;
  4. la présence d’un écran de sous-toiture.

La fiche de la tuile à côte de Terreal le montre bien. Son tableau des pentes minimales, établi pour la catégorie B du DTU 40.21, donne pour un rampant de 6,50 m au plus en projection horizontale :

Zone et situation Sans écran Avec écran
Zone 1, protégée 22 % 19 %
Zone 2, normale 27 % 23 %
Zone 3, exposée 40 % 34 %

Même tuile, de 19 à 40 % selon le lieu. Et chaque valeur augmente encore quand le rampant s’allonge : en zone 2, situation normale, avec écran, on passe de 23 % à 27 % au-delà de 6,50 m, puis à 30 % au-delà de 9,50 m. Toute valeur citée sans sa zone, sa situation et sa longueur de rampant ne vaut rien.

Trop faible : les solutions

Une pente trop faible pour la tuile voulue n’est pas une fatalité, mais elle impose un choix. Certains modèles « faible pente » disposent d’un avis technique qui autorise des pentes plus basses que le DTU. Un écran de sous-toiture fait descendre le minimum de quelques points. Au-delà, il faut changer de matériau : bac acier, zinc ou membrane d’étanchéité acceptent des pentes bien plus faibles. Une pente modifiée, en revanche, veut dire une charpente refaite.

Ce que la pente change ailleurs

Plus la pente est forte, plus les combles sont hauts, et plus ils se prêtent à un aménagement. Plus elle est forte, plus la surface à couvrir grandit et plus le chantier demande de sécurité : au-delà d’une certaine pente, le couvreur travaille encordé ou sur échafaudage de pied. Le choix du matériau en dépend aussi, comme le montre la fiche ardoise ou tuile.

Le geste à faire : relevez la pente une fois pour toutes dans les combles, notez-la avec la longueur d’un rampant, et gardez ces deux cotes avec les papiers de la maison. Le calculateur en tire la surface et le nombre de tuiles ; la fiche tuiles au m² explique le calcul. Les autres fiches sont dans la rubrique Couverture.

Sources consultées

  1. Fiche technique Tuile à Côte Universelle (réf. FA 722/05/14), Terreal, document diffusé par Chausson Matériaux, lu le 5 nov. 2026.