Aller au contenu
Ibo Toiture
Concept
Aménagement & Intérieur

Le vocabulaire de la charpente, pièce par pièce

Entrait, arbalétrier, poinçon, panne, chevron, échantignolle, chevêtre : chaque pièce de charpente nommée sur un schéma, pour lire un devis.

Un devis de charpentier parle une langue à part : « remplacement de deux chevrons et d’une échantignolle, reprise de la panne ventrière côté nord ». Chaque mot désigne une pièce précise, avec une fonction précise. Les connaître, c’est savoir ce qu’on paie et repérer ce qui manque.

Ferme de charpente traditionnelle en élévation, avec ses pièces nommées : entrait, arbalétriers, poinçon, contrefiches, pannes, échantignolles, chevrons, liteaux, sablière et coyau entraitarbalétrierpoinçon contrefichepannepanne faîtière échantignollechevronliteaux sablièrecoyau
Ferme traditionnelle en élévation, schéma de principe sans échelle. Les pannes sont vues en coupe, posées sur les arbalétriers et calées par des échantignolles.

La ferme, le triangle qui porte

La ferme est l’assemblage triangulé qui reçoit le poids du toit et le renvoie sur les murs. Dans une charpente traditionnelle, on en compte quelques-unes, espacées de plusieurs mètres. Elle se compose de :

  • l’entrait, la pièce horizontale du bas, qui relie les deux pieds de la ferme et les empêche de s’écarter ;
  • les arbalétriers, les deux pièces inclinées qui suivent la pente et portent les pannes ;
  • le poinçon, la pièce verticale du milieu, qui part du sommet ; il tient l’entrait et reçoit les contrefiches ;
  • les contrefiches, pièces obliques qui relient le poinçon aux arbalétriers et les empêchent de fléchir.

Quand l’entrait est remonté plus haut pour dégager un volume habitable, on parle d’entrait retroussé. La ferme perd alors son tirant naturel ; c’est un choix qui se calcule.

Les pannes, les poutres qui courent

Les pannes sont les poutres horizontales posées sur les arbalétriers, parallèles au faîtage, d’un pignon à l’autre. On distingue la panne faîtière au sommet, les pannes intermédiaires (dites aussi ventrières) sur le versant, et la panne sablière en bas, posée sur le mur. Chaque panne est retenue par une échantignolle, petite cale de bois fixée sur l’arbalétrier, qui l’empêche de glisser vers le bas.

La sablière est aussi la pièce de bois posée à plat sur le haut du mur, qui reçoit le pied des fermes ou des chevrons et répartit leur appui.

Chevrons, liteaux, voliges

Les chevrons sont les pièces inclinées posées sur les pannes, du faîtage à l’égout, à intervalle régulier. Ils reçoivent les liteaux, tasseaux horizontaux cloués à un pureau d’écart, sur lesquels s’accrochent les tuiles (fiche tuiles au m²). Pour l’ardoise ou le zinc, les liteaux sont remplacés par des voliges, planches jointives qui forment un support continu. Les contre-liteaux, cloués sur les chevrons dans le sens de la pente, ménagent sous les liteaux une lame d’air et un passage à l’eau recueillie par l’écran.

En bas du versant, le coyau prolonge le chevron avec une pente plus douce. Il éloigne l’eau du mur et donne aux toits anciens leur courbe relevée à l’égout.

Les lignes du toit

  • Le faîtage est l’arête du sommet, où les deux versants se rencontrent.
  • L’égout est le bas du versant, d’où l’eau tombe dans la gouttière.
  • La rive est le bord latéral d’un versant, côté pignon.
  • L’arêtier est l’arête saillante où deux versants se rencontrent sur un toit à croupes ; la noue est l’arête rentrante, en creux, où deux versants se rejoignent et où l’eau se concentre.
  • La croupe est le versant triangulaire qui ferme le bout d’un toit à quatre pans.

Les pièces autour des ouvertures

Un chevêtre est une pièce posée entre deux chevrons pour encadrer une ouverture : souche de cheminée, fenêtre de toit, trappe. Il reprend la charge du chevron qu’on a coupé. Une fenêtre de toit posée sans chevêtre, c’est un chevron qui ne porte plus rien. Les sabots et équerres métalliques sont les connecteurs modernes qui fixent ces pièces entre elles.

Lire un devis avec ces mots

« Remplacement de deux chevrons » : deux pièces de pente, accessibles en déposant la couverture au-dessus. « Reprise de la panne ventrière » : une poutre porteuse sur toute la longueur du toit, c’est un autre chantier. « Moisage de l’entrait » : on double l’entrait par deux pièces boulonnées de part et d’autre pour le renforcer. Quand un mot du devis ne figure pas ici, demandez au charpentier de le montrer sur place ; un professionnel le fait volontiers.

Les fermettes industrielles ont leur propre logique : la fiche fermette ou charpente traditionnelle la décrit. La rubrique Charpente rassemble les autres fiches.

Sources consultées

  1. Ferme (charpente), Wikipédia, lu le 5 nov. 2026.
  2. Charpente, Wikipédia, lu le 5 nov. 2026.